Histoire & Patrimoine

                                                                                                        

MONTFAVET UN TERROIR BIEN INDIVIDUALISE

  • HISTORIQUE : Les origines
  • LA PAROISSE DE MONTFAVET : Le problème des limites
  • MONTFAVET SOUS LA REVOLUTION
  • LES HABITANTS DE MONTFAVET :L’évolution d’une population
  • L’lDENTlTE DE MONTFAVET

1 HISTORIQUE : Les origines

Le Pays d’Avignon, entre Rhône et Durance jusqu’à leur confluent, est limité à I ‘Est par les collines de CAUMONT, ST SATURNIN et VEDENE.  Au X ème siècle, presque entièrement constitué par des alluvions quaternaires, il est recouvert de forêts et de garrigues.

En 1060, un monastère de filles fut fondé au sommet de la colline Mons Virginum, « Mont des vierges », occupée dès l’âge historique comme l’attestent les vestiges mis à jour, un oppidum, des pointes de flèches et différents outils en silex.

Au Xlll ème siècle fut construit le canal Durançole dérivant l’eau de la Durance pour alimenter les moulins de la plaine et permettre aux riverains d’arroser leurs terres.

C’est au XIV ème siècle que le « Pays d’Avignon » entre dans la période la plus fructueuse de son histoire avec la venue des Papes décidée en 1309 par Clément V.

A sa mort est élu, en 1316, Jacques DUESE, DE CAHORS, sous le nom de JEAN XXII. Parmi ses familiers, on compte son neveu Bertrand, originaire lui aussi du QUERCY, né au Château de Castelnau-Montratier dans la famille des Montfavet et qui devient le Cardinal Bertrand de Montfavet. Avec lui commence l’histoire de Montfavet.  Trop à l’étroit dans l’enceinte de la ville, la papauté s’étend et en 1334, le Cardinal acheta de nombreuses terres dont la propriété « Bon Repos » acquise en 1343 au lieu-dit « Clos des Rivans ». Après son décès en 1343, fut érigé de 1343 à 1347 le Monastère de Notre Dame de Bon Repos dont il avait demandé la fondation par testament et où s’installèrent 25 moines et un abbé observant les règles de Saint-Ruf.

A peu près à la même date, vers 1346, Pédro Gomez de Barosso, natif de Tolède, Co-légat de Bertrand de Montfavet en Angleterre, nommé cardinal au titre de Sainte Praxède en 1323 et surnommé le Cardinal d’Espagne, fonda à 300 mètres du Monastère du Bon Repos le Monastère des Sœurs de Sainte Praxède dont subsiste aujourd’hui la seule Tour d’Espagne.

Les deux monastères au caractère militaire évident, celui de Bon Repos fut fortifié dès 1380, celui de Sainte Praxède transformé en forteresse après le départ des religieuses en 1398, auxquels s’ajoutait celui de Montdevergues, formaient une première ligne de défense, en avant des remparts d’Avignon et conféraient déjà à cette partie du territoire une particularité bien marquée.

En 1442, le pape NICOLAS V érige Montfavet en prieuré lequel, une dizaine d’années plus tard sera réuni à l’hôpital du Pont ST BENEZET d’Avignon, avant d’être incendié un siècle plus tard, par les troupes du Baron des Adrets qui pillèrent et saccagèrent l’église. Le service religieux fut pourtant toujours assuré, malgré l’état de délabrement des lieux.

  1. LA PAROISSE DE MONTFAVET : le Problème des Limites

Créée en 1612 la paroisse de Montfavet compte en 1720, 432 personnes, mais étaient dénombrées les actuelles communes de Morières et du Pontet.

En 1807, Montfavet perd son titre de Paroisse par décret du 30.09.1807 qui la réunit à la paroisse de ST-AGRICDL, titre qu’elle ne retrouve qu’en 1840. Après la création de la paroisse du PONTET en 1844, celle de Montfavet s’étend sur 3000 hectares et comptes 1130 Habitants. Mais Montfavet reste lié à Morières. Après plusieurs tentatives pour obtenir son érection en commune Morières obtient satisfaction en 1870, se sépare définitivement de Montfavet, délimitant son territoire et par là même celui de Montfavet.

Dès 1862, une carte établie par M. TEULON, annexée à l’arrêté du 23.07.1870 créant la commune de Morières, fixe comme limites possibles de Montfavet :  Le Chemin Vicinal N° 16 dit de l’Amandier, le Chemin Vicinal de Ramatuel allant au Chemin Vicinal N° 8 d’Avignon à Chateaurenard dit de la Croix, de la route impériale N° 100 de Montpellier à Digne par Réal panier et la route départementale N° 16 d’Avignon à Mazan  par Pernes. Au Sud Est : le Chemin ST Pierre de Muscadelle. Tartey  Bompas et la bordure de la Durance.

Ce découpage reconduit les limites de la paroisse de Montfavet en 1849 : Route de Morières  au Nord,  Durance au Sud,  Chemin de l’Amandier à l’Ouest jusqu’au Canal Crillon, limites de la Commune de Caumont  à l’Est. C’est le découpage  reconnu aujourd’hui pour l’établissement des cartes électorales et celui du Code Postal

  1. MONTFAVET SOUS LA REVOLUTION

Ce territoire va garder le sentiment de sa particularité. La période révolutionnaire sera très révélatrice à cet égard. Les habitants ne s’intégrant pas aux avignonnais,  ils affirmeront une position parfaitement indépendante, allant jusqu’à  s’opposer à la population urbaine.  Dans la nuit du 07 au 08 Juin 1790, deux à trois cents paysans de Morières  et  de Montfavet,  désireux de soutenir le mouvement révolutionnaire,  s’arment de faux et de fusils pour parer à un éventuel coup de force des aristocrates et sèment l’épouvante dans la ville d’Avignon.  Le 14 Septembre  1791,  Avignon est rattaché à la France,  tandis que le 07 Juillet 1793, le gouvernement conscient de la particularité de Morières et de Montfavet nomme des administrateurs  provisoires sur ces deux communes.

La tiédeur des avignonnais sur les idées révolutionnaires inquiète Paris, en regard de l’ardeur qui animent leurs voisins. Le 26 Messidor an ll (14.07.1794) le député du Puy de Dôme, MAIGNET,  est envoyé par la Convention pour rétablir la situation. Une municipalité indépendante est créée pour Morières  et  Montfavet,  rattachée au canton du Thor.  Elle sera supprimée le 03 Fructidor an IV (20.08.1795), par ROURSAULT, nouveau représentant de la Convention, qui annule la décision de MAIGNET, comme contraire à l’intérêt des bourgs de Morières  et de Montfavet, dont les citoyens sont divisés et incapables de s’administrer.

Le 05 Nivose an lll, un officier public est nommé, avec des charges précises : enregistrement des naissances, des mariages, des décès; délivrance des certificats de civisme et de résidence.

Montfavet, comme Morières, avait fait la preuve de son esprit d’indépendance et les mesures hésitantes de la Convention démontrent que, déjà, se dégageait la conviction qu’une partition territoriale ne faisait qu’entériner une scission de fait.

  1. LES HABITANTS DE MONTFAVET : L’évolution d’une population

Au 17 ème siècle, quelques granges vont rapidement se multiplier autour des monastères.  Le  vrai développement va se faire grâce à la construction du Canal Crillon permettant l’irrigation d’un sol caillouteux et ingrat. A la veille de la révolution, |’organisation d’un réseau de fossés et roubines transforme en terre fertile les garrigues de Montfavet  favorisant l’essor de la population rurale. C’est au cours du 19 ème siècle que se développe la production de fourrage, l’élevage de bovins avec l’arrivée d’ardéchois, de savoyards puis de piémontais à la fin du siècle.

L’ouverture de l’Hôpital Psychiatrique en 1839 attire les populations des départements  limitrophes et en 1844, Montfavet compte 1130 habitants. De nombreuses industries s’installent à la fin du 19 ème siècle et au début du 20 ème siècle :  Réglisserie FLORENT, Usine PERNOD, Tannerie CAPDEVILLA, Biscuiterie USCLAT ….. appelant  une nombreuse main d’œuvre.

Le paysage accueillant, la fraîcheur des lieux incitent des Avignonnais et des Parisiens à bâtir des résidences secondaires en été : maisons de maître dénommées « châteaux » :  Château Schilizzi, Château de Mérignargues,  Château Jenny,  Château ST PAUL,  Château ST-ANGE ….  qui contribuent à la vie de |’agglomération. C’est à cette même époque en 1894 qu’est créé un adjoint spécial en raison de l’éloignement de Montfavet. La population croit avec, en 1954 l’implantation de l’lNRA, l’arrivée de rapatriés d’Algérie en 1962, la construction de nombreux immeubles HLM entre 1960 et 1980 et de lotissements entre 1970 et 1980. Les établissements publics (CHS, INRA, ISEMA, IUT, DRT), comme les établissements privés des zones d’activité de Fontcouverte,  La Cristole, Mistral 7,  la Castelette,  Agroparc,  contribuent au développement démographique.

  1. L’identité DE MONTFAVET

Peuplé par une population stable, homogène, MONTFAVET a aujourd’hui conscience  d’être une cité à part entière. Doté d’un centre administratif, d’un Bureau de Poste,  d’un code propre,  d’un numéro d’lNSEE distinct de celui d’Avignon (84.297.007.B AVIGNON = A),  ce prétendu « quartier » est de fait un village provençal dont le bassin laitier était encore dans les années soixante l’une des principales richesses.

Véritable poumon vert à 6 kms d’Avignon,  Montfavet essaie de poursuivre sa vocation agricole, de maintenir sa tradition, de perpétuer sa mémoire. Se réclament de Montfavet,  des sculpteurs :  Henri HCNORE et Marius SAIN à qui l’on doit le Monument aux Morts de la guerre 1914/1919, des peintres :  LESBROS et MEISSONNIER,  une femme de Lettre :  Alice CLUCHIER,  ainsi que Monseigneur RIGAUD,  Archevêque d’AUCH,  né à MONTFAVET en 1912. Ont apprécié Montfavet,  des personnalités  diverses  tels que LUGNE-PCE, ou ROSENGARD. Enfin, l’ont rendu diversement célèbre,  LE CHRIST,  Camille CLAUDEL…..

Le patrimoine témoigne d’un passé toujours très présent,  Eglise de Notre Dame de Bon Repos avec ses  fortifications et ses tours crénelées, tombeau du Cardinal Bertrand et de son ami, l’avocat anglais, Richard WIDMUNDRWOLD, la Tour d’Espagne,  vestige du monastère de Ste Praxède,  l’oppidium de Montdevergues,  les résidences d’été dont certaines gardent la marque de leur splendeur passée.

Sauvegarde et Avenir de Montfavet  (SAM 84140)

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